Pour arrêter le sang

Mesdames, les fils d’Osélina avaient l’habitude d’aller s’épivarder dans les herbes folles du terrain vague qui s’étendait derrière l’école du quartier. Les plus jeunes y allaient parce que c’était le repère des couleuvres brunes et des salamandres des bois. Et aussi parce que c’était l’endroit idéal pour s’encanailler avec les filles plus dévergondées que les autres. Celles qui embrassaient déjà avec la langue.

Le soir, dans la partie la plus éloignée du terrain, les plus vieux se faisaient un feu et buvaient de la bière. Quand il n’en restait plus qu’une, c’était à celui qui lançait sa bouteille vide le plus haut qu’allait le privilège de boire la dernière. C’est dans ce temps-là que monsieur Gilbert appelait la police. Il habitait à côté de l’école.

Quand la police arrivait, il ne restait habituellement plus que des tessons de verre et des braises fumantes. Et ce sont ces éclats de verre qui faisaient jaillir le sang des pieds des plus jeunes qui osaient s’aventurer au fond du terrain. Comme pour leur rappeler que c’était le territoire des aînés.

*

Pour arrêter le sang, imbiber un coton de vinaigre et le faire respirer au blessé.

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3 réflexions sur “Pour arrêter le sang

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