Mesdames, vous me surprenez. J’ai reçu quelques courriels où vous me pressiez  de donner mon avis sur vos affaires de cœur. Comme j’adore me mêler de la vie des autres, j’ai décidé de répondre à vos questions via un courrier du cœur.

Si comme moi l’idée de participer à un courrier du cœur vous enchante, vous pouvez écrire à madamechos@gmail.com. Attention cependant, Madame Chose se réserve le droit de publier des segments ou la totalité de votre message ici.

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Chère Madame Chose,

Récemment, j’ai emménagé avec mon copain. J’étais vraiment contente parce que j’essayais de le convaincre de déménager avec moi depuis au moins 6 mois. On habite ensemble depuis 2 mois mais il y a un problème : ça m’angoisse. Quand il me dit qu’il m’aime, je le trouve pot de colle. Lorsque je vois ses affaires dans mon appartement, ça m’énerve. Il est souvent à la maison car il est travailleur autonome et ça me tombe vraiment sur les nerfs. En même temps quand il est là et qu’il fait autre chose que d’être avec moi ça me choque…

Jeune femme moderne, Québec

Voilà un problème fréquemment rencontré par la jeune femme moderne. Mesdames, vous êtes impossibles à satisfaire. Vous voudriez rester éternellement adolescentes tout en profitant des avantages du concubinage. Vous voulez le beurre et l’argent du beurre.

Je suis enfant unique mais j’ai toujours rêvé d’avoir une sœur. Petite, sa présence me manquait tellement que je m’en étais inventé une. Je nous imaginais, jouant à prendre le thé pendant des heures ou allant à la pêche aux grenouilles sur les bords du lac. Je pensais à combien il m’aurait été plus facile de tuer le temps en sa compagnie.

Lorsque ma mère était exaspérée de la présence de ma sœur imaginaire, elle appelait ma marraine pour qu’elle vienne mener sa fille pour deux ou trois jours. À chaque fois, c’était la fête. J’anticipais fébrilement sa visite en me répétant qu’il serait beaucoup plus facile de tuer le temps en sa compagnie.

Mais la lune de miel était de courte durée. La pseudo sœur déplaçait mes affaires, voulait modifier le scénario de mes histoires imaginaires et avait peur des grenouilles. Je finissais toujours par avoir hâte qu’elle reparte chez ma tante pour pouvoir me déguiser et jouer aux princesses avec ma vraie sœur.

Jeune femme moderne,  entre fiction et réalité, il y a un pas qu’on ne devrait parfois pas franchir. Alors au lieu de vous mettre en ménage, achetez donc un roman de Jane Austen.

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